M. LE PRÉSIDENT, TU NOUS AS CONVAINCUS : LE 19 MARS, ON RETOURNE DANS LA RUE !

La mobilisation du 29 janvier a contraint Nicolas Sarkozy à évoquer les conditions spécifiques de travail des jeunes. Les nombreuses mobilisations dans les secteurs de l’Education ont permis l’émergence de revendications étudiantes.

Cependant, les « mesures » proposées, qui vont vers une plus grande flexibilité pour les salariés et une meilleure sécurité pour les employeurs, ne sont qu’un saupoudrage, un leurre face à l’URGENCE SOCIALE.

Il est donc important de répondre présent le 19 mars pour cette nouvelle étape de mobilisation dans la construction du rapport de forces engagé par l’ensemble des salariés sur tout le territoire français.

Soyons plus nombreux à nous organiser pour faire aboutir nos revendications à l’instar des récentes mobilisations victorieuses aux Antilles.

Nous exigeons :

- une revalorisation des salaires sur la base d’un Smic à 1 600 € ;
- la création de logements sociaux à hauteur des besoins et un encadrement des loyers ;
- une allocation transport destinés aux jeunes salariés en situation de mobilité ;
- la requalification automatique de deux CDD continus en CDI ;
- un service public d’accueil de la petite enfance.

Le travail est un droit. La CGT propose, pour lutter contre les multiples périodes emploi / chômage, contre la précarité, un nouveau statut du travail salarié et une véritable Sécurité sociale professionnelle fondés sur une véritable politique de formation et de reconnaissance des parcours professionnels. La CGT propose aussi de se mobiliser pour de véritables garanties de protection sociale dans un
cadre collectif et solidaire.

La crise, c’est eux.
La solution, c’est nous…TOUS !!!

La France a besoin d’une stratégie industrielle

Les salariés attendent des réponses concrètes à leurs revendications. Ils ont des interrogations justifiées sur les réalités des politiques mises en oeuvre, d’autant que les problèmes qui se posent aujourd’hui dans l’urgence étaient identifiables depuis des mois voire des années. La contradiction était en effet béante : d’un côté, les vingt grands groupes français à base industrielle affichaient, début 2008, 50 milliards d’euros de profits nets ; de l’autre, l’industrie française ne cessait d’accumuler les problèmes : recul de la production, emplois industriels en régression forte, creusement du déficit commercial. Il y a un an, près d’un salarié sur deux de l’industrie estimait son emploi menacé.

Compte tenu des risques qui pèsent sur le contrôle ou l’avenir de certaines entreprises et branches, plusieurs dossiers industriels méritent un examen particulier. C’est le cas de filières entières comme l’automobile avec les difficultés des constructeurs et sous-traitants, de l’aéronautique dont nombre d’activités sont poussées à la délocalisation, de la pharmacie, de l’agroalimentaire...

Les problèmes ont une dimension sectorielle évidente. Mais il y a aussi besoin d’avoir une vue globale dans la mesure où se pose la question de l’évolution de l’ensemble de l’industrie.

Ces problèmes particuliers ou plus globaux sont, pour l’essentiel, antérieurs à la phase actuelle de la crise financière. Mais ils se trouvent amplifiés par cette crise et ses conséquences.

Avec l’accentuation des difficultés économiques, nous risquons incontestablement de voir grossir la vague de désindustrialisation. La France perd incontestablement des parts de marché comme le montrent les récents chiffres du commerce extérieur. Le recul de la France dans les échanges industriels internationaux est net : en dix ans, la perte de parts de marché atteint 16 % pour les produits manufacturés. Depuis 2001, la valeur ajoutée industrielle plafonne à 230 milliards d’€. Nous assistons enfin à une baisse relative de la valeur technologique de nos exportations.

Dans le débat sur la compétitivité, le coût du travail mis en avant par le Medef, joue une fois de plus le rôle de paravent. Après les 35 heures, c’est le coût de l’heure de travail en France qui serait censé expliquer les problèmes rencontrés. Cet argument est faux. Le coût de l’heure travaillée dans l’industrie a évolué ces dix dernières années comme celui de la moyenne européenne. Ce n’est que dans la toute dernière période que la compétitivité - coût des exportations françaises s’est dégradée par rapport à l’Allemagne, donc bien trop tardivement pour expliquer une désindustrialisation qui s’est amplifiée depuis vingt ans !

Là n’est donc pas le problème central. Certes la concurrence s’est accentuée. L’euro surévalué a pesé sur les débouchés des productions européennes. Mais le coût salarial unitaire du secteur manufacturier français a continué de baisser (- 10 points en dix ans) prolongeant la tendance des années 80 !

POUR UN 29 JANVIER 2009 HISTORIQUE

Déclaration commune
Propositions et revendications des organisations syndicales
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA

La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une
grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien
responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de
cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ;
elle accroît les inégalités et les risques de précarité.

Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes.

Face à cette situation et considérant qu’il est de leur responsabilité d’agir en commun,
en particulier lors de la journée du 29 janvier, pour obtenir des mesures favorables aux
salariés, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires,
UNSA ont décidé d’interpeller les entreprises, le patronat et l’Etat.

Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations et
des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique.

1 – Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique
De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs faisant
supporter à leurs salariés blocages de rémunérations et pertes d’emplois. Par ailleurs, des
salariés sont contraints à des durées du travail élevées, tandis que les salariés temporaires, en
intérim ou en CDD, sont les premiers à faire les frais des baisses d’activité. Des entreprises
utilisent la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs
actionnaires.

C’est intolérable et inadmissible.

Les entreprises confrontées aux baisses d’activité utilisent des mesures de sauvegarde
d’emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés… Toutes ces mesures
doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Les aides publiques
doivent aussi y être conditionnées. Les entreprises doivent améliorer l’indemnisation du
chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier. Ces périodes de baisse
d’activité doivent être utilisées pour développer la formation professionnelle et renforcer les
compétences des salariés.
Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c’est notamment en investissant dans
la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera
assurée.
Dans la fonction et les entreprises publiques, il est indispensable de répondre aux besoins de
notre société et de la population et de leur attribuer les moyens nécessaires. Dès 2009, le
gouvernement doit renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une
politique aveugle de suppression d’emplois et penser autrement l’évolution des services
publics dont la qualité et l’emploi constituent une question centrale.
La situation des salariés précaires du public appelle des mesures de justice sociale.

2 – Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités
Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup d’entreprises, à l’accroissement
des inégalités. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses privilégiant le
versement de dividendes au détriment des salaires et de l’investissement.
Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent
assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités.
Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords
salariaux.

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat
Il est de la responsabilité de l’Etat et de l’Union Européenne de décider de politiques
d’interventions publiques coordonnée favorisant une relance économique. Celles-ci doivent
viser à la fois :

§ Une relance par la consommation en améliorant le pouvoir d’achat, en priorité des revenus
les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariés, demandeurs d’emploi, retraités et
bénéficiaires de minima sociaux.

§ Une politique de développement de logement social à la hauteur de l’urgence, un
encadrement des loyers et un accès au crédit dans des conditions excluant les taux usuraires.

§ Une protection sociale (santé, retraite…) dans un cadre collectif et solidaire.

§ Des investissements ciblés, en particulier en matière d’infrastructures, d’équipements
publics et de services publics, en favorisant la recherche, le développement, l’éducation et la
formation.

Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d’une
économie du développement durable mettant en oeuvre les principes adoptés au Grenelle de
l’Environnement.

§ Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties. Elle
doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi. Elle doit
faire l’objet d’une information et d’un avis préalable des élus représentant les salariés. Dans le
cas spécifique du secteur bancaire, l’utilisation des aides publiques doit donner lieu à un
contrôle direct par l’Etat.

4 – Préserver et améliorer les garanties collectives
Les conditions de vie et de travail pour les salariés des secteurs privé et public, passent par
l’amélioration du cadre collectif. C’est pourquoi il faut :
abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de
travail
retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche.
respecter le dialogue social sur tous les projets et propositions de loi qui touchent à la
réglementation du travail.
face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des réformes
porteuses de progrès social.

5 – Réglementer la sphère financière internationale
Cette réglementation doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l’opacité du
système financier international et encadrer les mouvements de capitaux. L’Union européenne
doit être au premier plan pour l’exiger.

Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes
internationales de l’OIT dans tous les échanges internationaux. L’aide publique au
développement doit être maintenue et améliorer. C’est ce que demande le mouvement
syndical international.

Le 5 janvier 2009

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